Archives mensuelles : février 2016

Scrivener, un traitement de texte non linéaire.

machchine-a-ecrirePour rédiger un document scientifique de quelques pages, l’idéal est de disposer d’un traitement de texte permettant un formatage immédiat dans un style agréable à lire, ainsi que la création, l’insertion et la modification intuitive, rapide et confortable de figures, dessins, équations, et courbes ayant un aspect professionnel, sobre et esthétique.

J’avoue n’avoir jamais trouvé un logiciel, ni même une combinaison de plusieurs logiciels, qui réponde à ces critères au niveau d’exigence correspondant à mes attentes, mais c’est un sujet que je ne développerai pas dans ce billet. Aujourd’hui, je vous présente un traitement de texte dédié à la conception et la réalisation de documents comportant des dizaines, voire des centaines de pages recelant des milliers d’informations, de concepts, d’idées, de descriptions, etc.

De tels documents sont constitués de très nombreuses briques documentaires, entendez par là de petits morceaux de textes à différents stades de maturité, allant d’une simple idée ou observation jusqu’à une partie finalisée du document en cours de réalisation. La force de Scrivener est de permettre d’organiser ces briques documentaires dans une structure arborescente, c’est à dire constituée de dossiers pouvant contenir des briques documentaires et des dossiers pouvant eux-même avoir une structure arborescente.

Chaque élément (brique documentaire ou dossier) peut être facilement déplacé à l’aide de la souris. On peut lui associer des notes, commentaires, étiquettes, un résumé, une couleur. Il est possible de sélectionner un ou plusieurs dossiers et/ou briques documentaires dont les contenus s’affichent les uns à la suite des autres sous la forme d’un document continu pouvant être lu et modifié. Cette « vue » particulière d’une partie du contenu en cours de rédaction est préservée lorsque le l’utilisateur quitte l’application.

Cette fonctionnalité, qui change complètement la manière de travailler, n’existe pas (jusqu’à plus ample informé) dans les traitements de textes classiques tels que Word et OpenOffice. Ce qui s’en rapproche le plus dans Word est la possibilité de « replier » des chapitres et sections pour ne rendre visibles que certaines parties du document. Mais la « vue » ainsi créée est malheureusement perdue lorsqu’on quitte l’application. Par ailleurs, Word permet de visualiser l’arborescence des sections d’un document, mais la réorganisation de ces sections ne peut se faire qu’avec des « copier / coller » laborieux.

Scrivener permet de produire le document final sous différents formats, tels que pdf, word, et les deux principaux formats de livres électroniques, Epub et Kindle. C’est lors de cette étape dite de “compilation” qu’est réalisée la mise en forme définitive d’après un modèle définit par l’utilisateur.

En revanche, il faut bien admettre que les possibilités offertes par Scrivener pour l’édition de chaque brique documentaire sont très limitées au regard de celles de Word ou même d’OpenOffice. Scrivener est encore loin de répondre complètement à mes besoins en matière de rédaction de documents scientifiques, mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour la prise de notes, le suivi, et la rédaction progressive de rapports dans le cadre de projets de recherche. Il est à mon avis tout aussi adapté à la réalisation de supports de cours et autres documents pédagogiques, ainsi que de mémoires et rapports d’étudiants.

Projets à la carte pour l’enseignement de la programmation.

projetC’est en pratiquant, en faisant soi-même les choses, qu’on acquière des compétences et des savoir-faire et c’est la raison pour laquelle les projets à réaliser par les étudiants ont une place importante dans l’enseignement de l’informatique.

Les projets classiques que j’ai toujours connus dans mon cursus universitaire et dans ma carrière d’enseignant consistent à fixer un objectif (typiquement la conception et le développement d’une application) devant être atteint à une certaine date. L’évaluation se fait sur la base d’un rapport remis par les étudiants (travaillant seuls, en binôme, voire en groupes plus importants), souvent complété par une démonstration de l’application réalisée, et parfois par une soutenance orale. La note dépend notamment de la qualité de la réalisation, de la démarche intellectuelle de conception, de la maîtrise des technologies et des concepts utilisés, de la qualité de la présentation écrite et (si applicable) orale, et du bon fonctionnement de l’application livrée. Il n’y a pas toujours un barème précis donné à l’avance aux étudiants, ce qui a l’inconvénient d’une certaine opacité, mais l’avantage de permettre la prise en compte tous les aspects du travail fourni par les étudiants, y compris lorsqu’ils se sont investis dans des fonctionnalités non demandées dans le sujet, ou dans l’exploration de certaines solutions allant au-delà des objectifs fixés.

Cette année, j’ai décidé d’innover en proposant à mes étudiants de L2 des projets « à la carte » comportant plusieurs objectifs, ou « missions » pouvant chacun rapporter un certain nombre de points. Certains objectifs sont faciles à atteindre, d’autres plus difficiles, et certains peuvent être des « challenges » permettant aux étudiants les plus expérimentés et/ou talentueux de montrer de quoi ils sont capables. Un projet peut être livré en plusieurs fois, ce qui permet aux étudiants de valider d’abord les objectifs les plus accessibles objectifs en ayant un retour critique de leurs enseignants, puis d’aller ensuite, et de manière progressive, aussi loin qu’ils le peuvent au regard de leurs capacités, de leur motivation, et du temps disponible. Après chaque étape, les étudiants connaissent le nombre de point qu’ils ont acquis et le nombre de points qu’ils peuvent encore potentiellement acquérir en reprenant certaines parties mal réalisées ou en s’attaquant à des missions plus difficiles. Plusieurs projets peuvent être menés en parallèle, en traitant prioritairement les objectifs les plus simples à atteindre qui relèvent de compétences de base dont l’acquisition est essentielle.